Vers une pénurie de cortisone ?

Des tensions d’approvisionnement de corticoïdes, largement utilisés dans le traitement des douleurs inflammatoires, sont observées en France depuis le début du mois de mai. L’Agence du médicament (ANSM) a réagi en mettant en place certaines mesures permettant d’assurer l’accès à ces médicaments pour les patients.

Sommaire

  1. Des mesures de restrictions d’utilisation afin d’éviter la rupture de stock
  2. “Faire peser sur la population un tel risque est intolérable”
  3. Un retour à la normale prévu d’ici fin juin
  4. Les corticoïdes, des médicaments largement utilisés dans le traitement de nombreuses maladies

Vers une pénurie de

Cortancyl® et de

Solupred® ? Dans un communiqué datant du 14 mai 2019, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) informe patients et professionnels de santé du contexte de tensions d’approvisionnement des médicaments à base de prednisone et de prednisolone (

corticoïdes par voie orale et injectable) dans lequel la France est plongée depuis plusieurs semaines.


Des mesures de restrictions d’utilisation afin d’éviter la rupture de stockD’après l’ANSM, ces difficultés d’approvisionnement, qui touchent tous les laboratoires commercialisant ces spécialités, seraient principalement liées “à des retards pris dans la production, en particulier à l’étape de leur fabrication“. Les stocks sont donc plus que limités, puisque pour certaines spécialités, ils ne peuvent couvrir le besoin et le dosage que pour une période de 15 jours à un mois, voire pour une période inférieure à deux semaines seulement.Afin d’éviter la rupture de stock, l’ANSM a demandé aux industriels d’importer des spécialités équivalentes à base de prednisone et prednisolone “dans les meilleurs délais” et a recommandé de limiter l’utilisation des médicaments manquants “aux situations où elles sont médicalement indispensables et sans alternatives“. Mais cette situation redoutée s’observe d’ores et déjà pour certains médicaments comme le

Diprostène®, un corticoïde administré par voie intraveineuse, qui ne sera pas redistribué avant juillet, voire début 2020.”Faire peser sur la population un tel risque est intolérable”Des déclarations qui n’ont pas manqué de faire bondir les médecins : “Les corticoïdes per os viennent à manquer. Il est inadmissible que ces spécialités, qui font partie des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM), disparaissent de nos officines“, affirme le docteur Christian Augareils, président du Syndicat National des Médecins Rhumatologues, dans un communiqué datant du 21 mai. Quant aux corticoïdes injectables, selon lui, “la conséquence du marasme sera l’impossibilité de réaliser des infiltrations au profit de thérapeutiques plus coûteuses et plus lourdes. […] Faire peser ainsi sur la population un tel risque est intolérable.“Un retour à la normale prévu d’ici fin juinFace à ce mécontentement, l’ANSM a réagi dans un nouveau point d’information publié le 24 mai en assurant qu’ “au vu des dernières informations transmises par les fabricants pour l’année 2019, le risque de pénurie est écarté“. Ces derniers auraient en effet réussi à mobiliser des stocks suffisants pour “garantir la couverture des besoins des patients“.Les mesures de restriction concernant l’utilisation de Cortancyl® et de Solupred® ont ainsi été levées. Quant au Diprostène®, l’ANSM explique qu’il peut être remplacé par le Célestène® en attendant que sa fabrication redémarre.”Il peut être encore difficile pour certains patients ou professionnels de santé de se procurer facilement des corticoïdes par voie orale ou injectable, le retour à une disponibilité normale de ces médicaments dans les pharmacies d’officine ou hospitalières est attendu d’ici la fin du mois de juin 2019“, conclut l’ANSM. Un tableau de disponibilité des différentes spécialités par dosage est consultable sur son site.Les corticoïdes, des médicaments largement utilisés dans le traitement de nombreuses maladiesLes tensions d’approvisionnement de corticoïdes, également appelés

anti-inflammatoires stéroïdiens, sont d’autant plus préoccupantes que ces médicaments sont utilisés dans le traitement de nombreuses maladies “comme les 

pathologies rhumatismales chroniques, les pathologies digestives chroniques, en dermatologie, en cancérologie, en endocrinologie, en hématologie, dans les maladies rénales, pour les transplantations, les maladies pulmonaires, les maladies infectieuses, en neurologie, etc.“, indique l’ANSM. En 2011, les spécialités à base de prednisolone se classaient au quinzième rang des génériques les plus consommés dans l’Hexagone, avec 31,4 millions de boîtes vendues.Click Here: collingwood magpies 2019 training guernsey