Vers un nouveau traitement de l'athérosclérose ?

A l’origine de la plupart des maladies cardiovasculaires, l’athérosclérose correspond à une accumulation de plaques graisseuses sur la paroi des artères. Face à ce phénomène, on a longtemps cru que les lymphocytes B du système immunitaire avaient un pouvoir protecteur… mais aujourd’hui, une équipe française démontre qu’à l’inverse, l’utilisation d’anticorps dirigés contre ces cellules de l’immunité offrirait une meilleure protection contre l’athérosclérose.

L’athérosclérose est une pathologie inflammatoire des artères déclenchée par plusieurs facteurs, notamment l’augmentation du

cholestérol, et caractérisée par une accumulation de lipides dans la paroi artérielle, sous forme de plaques (

athéromes). La rupture de ces plaques est à l’origine de la majorité des maladies cardiovasculaires (

infarctus du myocarde,

accident vasculaire cérébral) et responsable de la première cause de mortalité dans les pays industrialisés. C’est dire l’importance de mieux comprendre et lutter contre cette maladie.La formation de ces athéromes implique la réponse immunitaire, dont fait partie l’action des lymphocytes B. Jusqu’alors, le rôle attribué à l’ensemble des

lymphocytes B semblait protecteur de l’athérosclérose. Mais les travaux dirigés par l’équipe de Ziad Mallat de l’Inserm réfutent aujourd’hui clairement cette hypothèse. Les chercheurs démontrent en effet que l’utilisation d’un anticorps dirigé contre les lymphocytes B et entraînant la disparition de 96 % d’entre eux fournit une protection significative contre le développement de l’athérosclérose dans 3 modèles expérimentaux chez la souris. Cet anticorps dirigé contre une protéine de surface des cellules B est utilisé très efficacement chez l’homme en traitement de certaines pathologies inflammatoires (

lupus,

polyarthrite rhumatoïde…).Selon les chercheurs, cet effet protecteur est en partie lié à une désactivation parallèle des

lymphocytes T qui produisent alors moins d’interféron gamma, une hormone du système immunitaire favorisant l’athérosclérose, et plus d’interleukine-17, une hormone protectrice. “Ces résultats ont des implications cliniques importantes. Ils suggèrent que les traitements dirigés contre les lymphocytes B, actuellement administrés à des patients souffrant de maladies inflammatoires comme le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde, pourraient réduire le risque cardiovasculaire. Des essais cliniques ont été engagés en ce sens par l’équipe et visent à évaluer l’étendue de l’athérosclérose avant et après traitement chez ces patients“ commentent les auteurs de l’étude.
Ces découvertes sont en cours de validation dans le cadre d’un essai clinique chez l’homme. En fonction des résultats, cette étude pourrait offrir une nouvelle option thérapeutique en prévention des récidives après un infarctus du myocarde. Il faudrait néanmoins évaluer la balance bénéfices/risques d’une telle prescription, ces médicaments n’étant pas dénués d’effets secondaires (avec notamment une augmentation du risque infectieux).
Sources :Communiqué de presse de l’Inserm – 16 juillet 2010B cell depletion reduces the development of atherosclerosis in mice – J Exp Med jem.20100155. Published July 5, 2010

(abstract accessible en ligne)sClick Here: Cheap FIJI Rugby Jersey