Un salarié sur dix souffre de TMS

Contrairement à ce que dit l’adage, le travail n’est pas toujours la santé ! Au premier rang des maladies professionnelles, les troubles musculo-squelettiques affectent plus d’un travailleur sur dix. “Une préoccupation majeure“, selon l’Institut de veille sanitaire.

Les conditions de travail ainsi que les gestesrépétitifs peuvent être à l’origine dedouleurs récidivantes voire quotidiennes. Les troublesmusculo-squelettiques sont les pathologies les plus souventrencontrées chez les travailleurs, au point de parlerd’épidémie. Et pourtant, ils sont encore largementsous-estimés.TMS : des douleurs quotidiennesLe travail peut causer de nombreux maux, aussi bien physiques quepsychiques. La maladie à caractère professionnel laplus souvent rapportée par les médecins du travailconcerne les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS).Les TMS regroupent un certain nombre d’affectionspéri-articulaires qui se traduisentgénéralement par des douleurs et une gêneimportante, le plus souvent quotidiennes. Les zones du corps lesplus souvent atteintes sont le rachis lombaire (partie basse de lacolonne vertébrale), l’épaule puis le poignet chezles femmes et le coude chez les hommes.Les TMS et le mal de dos : 80 % des maladiesprofessionnellesD’après les résultats d’un programme pilote mis enplace par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) dans les Pays de laLoire, plus d’un travailleur sur dix de 20 à 59 anssouffrent d’au moins un TMS du membre supérieur ou delombalgie de plus de 30 jours au cours de l’année ! En 2006,près de 8 maladies professionnelles sur 10 correspondaientà un TMS ou à une lombalgie.Les TMS représentent ainsi la première cause demorbidité liée à l’activitéprofessionnelle (devant la souffrance psychique) et sont lapremière cause d’arrêts de travail, avec plus de 7millions de journées perdues en France en 2006.La France n’est pas une exception puisque les TMS occupentégalement la première place des maladiesprofessionnelles en Belgique, en Espagne, en Finlande, auLuxembourg et en Suède. En 2000, plus de trois travailleurseuropéens sur dix souffraient de problèmes de dos etdeux sur dix de douleurs musculaires dans le cou et lesépaules.TMS : des troubles encore sous-estimésReconnus comme problème majeur de santé publique audébut des années 2000, et malgré lamobilisation autour de la question, les TMS sont en constanteaugmentation depuis 10 ans.Pourtant selon l’InVS, les TMS demeurent sous-estimés dufait d’un manque de reconnaissance de la maladie professionnelle etdes difficultés à la déclarer en tant quetelle. En plus d’être un enjeu de santé au travail,les TMS sont également un enjeu économique desanté publique : en 2008, 40 000 maladies indemniséespar le Régime Général deSécurité Sociale étaient des TMS, engendrantune dépense directe annuelle de près de 800 millionsd’euros.Les femmes, les plus âgés et lesintérimaires sont plus à risquesLes travailleurs ne sont pas tous égaux face au risque dedévelopper un ou plusieurs TMS :
– Les femmes ont en effet un risque plus élevé d’ensouffrir que les hommes ;
– L’âge semble également intervenir : lafréquence des TMS chez les travailleurs âgés de45 à 54 ans est multipliée par six par rapport aumoins de 25 ans. Cela est valable aussi bien pour les femmes quepour ces messieurs. Evidemment, d’autres caractéristiquespropres à chacun peuvent être incriminées(obésité, diabète…)
– En dehors des éléments personnels, les facteurs derisque de développer un TMS sont biomécaniques :travail comportant des mouvements en force, des posturesextrêmes, des gestes répétés, etc.
– Des facteurs psychosociaux peuvent également intervenirdans la constitution de cette pathologie : forte demandepsychologique, faible soutien social induisant une tension.
– Les intérimaires sont ainsi plus exposés auxrisques de développer un TMS : ce type de contrat, par sabrièveté, impose aux travailleurs davantage decontraintes temporelles, les expose à unerépétitivité plus élevée deleurs gestes et à une dépendance plus importantevis-à-vis de leurs collègues. Les intérimairessont ainsi exposés au minimum à deux facteurs derisque de plus que les autres travailleurs.2010 une année charnière contre les TMS2010 sera l’année des premiers bilans du Plan Santéau Travail 2005-2009, lancé il y a cinq ans par leMinistère de l’emploi, du travail et de la cohésionsociale. L’objectif de ce programme était defédérer les différents acteurs àl’échelle nationale en identifiant plusprécisément les risques professionnels, enintensifiant les contrôles et en sensibilisant les chefsd’entreprises. Ces buts ont-ils été atteints ?PREMUS 2010, le 7e Congrès international sur laprévention des TMS liés au travail, auraégalement lieu à Angers du 29 août au 2septembre 2010. Cet événement, créé parla Commission Internationale de la Santé au Travail (CIST) alieu tous les trois ans et s’articulera autour deconférences et de forums animés par des chercheursspécialisés sur la prévention des TMS, desmédecins et des praticiens de divers pays.Cet événement sera l’occasion de faire le point surles conséquences de ces atteintes et les moyens de lesprévenir et prendre en charge le plus efficacementpossible.Valérie Chau
Sources :
“ Numéro thématique – TMS d’origine professionnelle :une préoccupation majeure“, InVS, BulletinEpidémiologique Hebdomadaire, n°5-6, 09 février2010“Plan Santé au Travail 2005-2009“, Ministère del’emploi, du travail et de la cohésion socialeClick Here: Fjallraven Kanken Art Spring Landscape Backpacks