Suicide de Tony Scott : réactions et polémiques

Après le suicide du réalisateur Tony Scott survenu ce dimanche 19 août, les hommages pleuvent de toutes parts. Et pas toujours des plus élogieux. Par ailleurs, chacun y va de sa petite théorie pour expliquer les raisons d’un tel geste.

 

La mort soudaine de ce grand nom du cinéma de pur divertissement n’a laissé personne indifférent dans la profession. Pour preuve, les nombreuses réactions postées sur les divers réseaux sociaux. Ainsi, par le biais de sa porte-parole, Tom Cruise, qui doit son accession au rang de star grâce à Top Gun et Jours de tonnerre, a salué un “visionnaire dont l’empreinte sur le cinéma est énorme.” Le réalisateur américain Ron Howard avait été l’un des premiers à réagir à la mort du cinéaste, dimanche soir, écrivant sur son compte Twitter : “Il n’y aura plus de films de Tony Scott. Jour tragique.” Marc Webb, qui vient de signer The Amazing Spider-Man, a rendu pour sa part hommage à une “légende”, tandis que Tim Roth a évoqué “un type bien” qui le “faisait rire”. Quant à Gilles Jacob, le président du Festival de Cannes, il s’est déclaré “stupéfait d’apprendre la disparition brutale de Tony Scott, réalisateur talentueux et sophistiqué, dont j’avais aimé (et montré) Les Prédateurs.”

 

 

« Inutile de jouer les hypocrites ! »

Mais les hommages rendus n’ont pas toujours été très flatteurs. Ainsi, les journalistes français Eric Libiot de L’Express (voir l’article) et Jérémie Couston de Télérama (voir l’article) ont été les premiers à dégainer contre ce metteur en scène responsable de nombreux « pop corn movies ». Pour nos deux confrères, « inutile de jouer les hypocrites ! ». Dans son article intitulé « Que garder de la filmographie de Tony Scott ? Pas grand-chose », Eric Libiot répond « Les Prédateurs, pour le côté “arty eighties”, True Romance, parce que le scénario était signé Roger Avary et Quentin Tarantino et pourquoi pas USS Alabama et Spy Game, un samedi soir de pizza. » Ce à quoi on pourrait rétorquer « C’est déjà ça ! ». Tony Scott n’avait certes pas les ambitions de son frère Ridley, mais le cinéma qu’il nous proposait était tout simplement divertissant et véritablement efficace. Et ne soyons pas honteux de dire que nous nous sommes tous un jour régalés de ses « petits plaisirs coupables » programmés à la télévision à heure de grande audience. Plus virulent, Jérémie Couston de Télérama n’hésite pas à pointer du doigt, dans son article « Tony Scott, un réalisateur dopé à la testostérone », “les énormes bouses boursoufflées” d’un cinéaste cocaïnomane, et – comble du cynisme – à poster sur son compte Twitter une photo du pont d’où ce dernier s’est jeté. Le journaliste va même jusqu’à avancer une raison pour le moins saugrenue qui aurait poussé le réalisateur au suicide : sa « concurrence fraternelle » avec Ridley Scott. Un tel brulôt n’a pas manqué de provoquer bon nombre de réactions de la part d’internautes affligés par tant de véhémence. Sur sa page Facebook, le cinéaste Christophe Ruggia a ainsi fustigé, en réponse à cet article, « le mépris et l’arrogance habituels dont vous faites preuve à l’égard d’un de ces cinéastes sans lesquels vous n’existeriez pas, et qui en racontent beaucoup plus sur vous-mêmes que sur celui dont vous avez l’ambition de parler. »

 

 

Tumeur ou pas tumeur ?

Pour l’heure, la mort du frère cadet du cinéaste Ridley Scott n’a pas encore été classée officiellement comme un suicide, même si les autorités américaines traitent le dossier comme tel. La police de Los Angeles a ouvert une enquête, et une autopsie a été conduite ce lundi. Les conclusions n’ont pas encore été publiées, dans l’attente des résultats des tests toxicologiques. Citant une source proche du cinéaste, la chaîne américaine ABC a affirmé lundi que Tony Scott souffrait d’une tumeur au cerveau inopérable, ce qui aurait motivé son geste. Une rumeur que l’actrice Donna Wilson, la veuve du cinéaste, s’est empressée de démentir selon le site internet TMZ.

 

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G.M.

 

Une vidéo hommage à Tony Scott (ThePatrick2323)