Pourquoi les prairies africaines brûlent-elles ?

Les incendies catastrophiques dans la forêt amazonienne ont fait la une des médias du monde entier, mais depuis, la NASA a noté qu’il y a actuellement beaucoup plus d’incendies dans certaines régions d’Afrique qu’au Brésil.Cela a amené certains à se demander si l’on n’applique pas la régle du deux poids, deux mesures: ignorons-nous une catastrophe environnementale encore plus grande en Afrique ? Les incendies en Amazonie sont-ils mis en avant comme un moyen pratique de critiquer un dirigeant brésilien déjà impopulaire parmi les environnementalistes ?

J’ai étudié les impacts écologiques des incendies en Afrique de l’Est pendant plus d’une décennie, avec des collègues du monde entier.Alors, ces incendies sont-ils un désastre du même style que ceux d’Amazonie ? À lire aussi : Incendies en Amazonie : pourquoi causent-ils tant de dégâts et comment faire pour les arrêter? Le feu est un élément essentiel de la savaneLa première chose à savoir est que l’impact d’un feu de forêt dépend plus de l’endroit et de ce qu’il brûle, que de son ampleur ou même du nombre d’incendies présents.

Deux buffles du Cap ont laissé ce feu de début de saison brûler autour d’eux dans le parc national du Serengeti. (Colin Beale, Author provided)

Les feux de savane sont-ils naturels ?On me demande souvent si ces incendies en Afrique sont naturels et s’ils devraient faire partie d’un plan de gestion de la conservation. Je réponds habituellement par une question : qu’est-ce qui est « naturel » dans un continent où les hominidés – nos ancêtres et nos plus proches parents – ont allumé des feux pendant un million d’années ?La savane s’est développée avec les hominidés qui allumaient des feux, probablement d’abord pour encourager l’herbe à attirer les animaux qu’ils chasseraient, puis plus tard, comme pasteurs, pour que leurs propres animaux puissent paître. Les animaux et les plantes de la savane sont adaptés non seulement pour survivre à ces incendies, mais certains en ont besoin : le beau courvite de Temminck est un oiseau aux œufs noirs de frêne qui nidifie uniquement dans les prairies récemment brûlées.L’an dernier, j’ai dirigé des recherches qui ont contribué à démontrer l’importance du feu pour la biodiversité dans ces régions. Nous avons examiné les parties de la savane où il y avait de nombreux types d’incendies – certains importants, d’autres pas, et parfois sans feu – et nous avons constaté qu’il y avait jusqu’à 30 pour cent plus de communautés de mammifères diversifiées et 40 pour cent plus d’oiseaux.

Deux buffles du Cap ont laissé ce feu de début de saison brûler autour d’eux dans le parc national du Serengeti (nord de la Tanzanie). (Gerrit_de_Vries / shutterstock)

Et tout aussi important, les feux dans la savane brûlent principalement des herbes sèches qui repoussent chaque année : le CO₂ libéré par les feux dans les prairies est réabsorbé par la croissance de nouvelles herbes l’année suivante, ce qui signifie que ces feux sont presque neutres en carbone sur une période d’un an.Les forêts brûlent-elles ?Contrairement aux feux de savane, les feux de forêt sont un vrai problème que ce soit en Afrique ou en Amazonie. Les forêts tropicales sont généralement des endroits chauds et humides, sans herbe sèche qui favorise l’expansion du feu, donc elles ne brûlent généralement pas. Cependant, si elles sont desséchées, soit par la sécheresse, soit par la déforestation, cela crée des arêtes vives où s’engouffre le vent. Les forêts peuvent ainsi brûler de façon catastrophique.Colin Beale, Reader in Ecology, University of YorkCet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.Click Here: United Kingdom Rugby Shop