Obsèques de la princesse Christina : une incinération entre douleur et couleurs

Coloré comme elle le voulait, l’adieu n’en a pas moins été déchirant : jeudi 22 août 2019, la famille royale néerlandaise a tristement accompagné la princesse Christina des Pays-Bas, décédée six jours plus tôt, vers le repos éternel.

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Benjamine des quatre filles de la reine Juliana et du prince Bernhard, la soeur de la princesse (et ancienne reine) Beatrix, de la princesse Irene et de la princesse Margriet est morte vendredi 16 août à l’âge de 72 ans, au palais Noordeinde à La Haye, emportée par le cancer des os dont elle était atteinte et dont la cour avait communiqué le diagnostic en 2018. Sa dépouille se trouvait depuis mardi 20 août dans le Dôme de Fagel (Koepel van Fagel), une dépendance située à proximité des écuries royales dans les jardins du palais et transformée en chapelle ardente, où ses proches avaient pu venir se recueillir en toute intimité, baignés par la lumière d’une abondance de tournesols et de couronnes de roses blanches ainsi que l’éclat des décorations que la défunte s’étaient vu octroyer au cours de son existence. Ses trois grandes soeurs avaient été parmi les premières à s’y rendre – pour la princesse Irene, ce moment avait un cruel goût de déjà vu, puisque c’est dans ce même dôme que le cercueil de son époux le prince Carlos Hugo avait séjourné, en 2010.

La cérémonie d’obsèques, jeudi 22 août, s’est elle aussi déroulée dans l’enceinte du palais Noordeinde, dans les écuries situées au-dessous de l’appartement qu’elle occupait, dans une intimité presque totale seulement partagée par quelques médias dont la chaîne de télévision Nos, qui a diffusé des images du cortège funèbre. Suivant gravement le cercueil, dans les allées ombragées du parc du palais, les trois enfants de Christina des Pays-Bas, princesse d’Orange-Nassau et princesse de Lippe-Biesterfeld, étaient présents : pour honorer la mémoire de leur mère, Bernardo, Juliana et Nicolás, issus de son mariage avec le Cubain Jorge Pérez y Guillermo dont elle avait divorcé en 1996, portaient à la boutonnière une fleur d’un jaune éclatant, marchant comme un seul homme en se tenant par les bras. Une dernière volonté que tous ont respectée : derrière eux, Beatrix et Margriet – accompagnée par son mari Pieter van Vollenhoven – avaient revêtu des tenues à motifs floraux tandis qu’Irene, en robe bleu électrique, avait accroché une broche. Venus sans leurs trois filles au terme de douces vacances, le roi Willem-Alexander, barbe négligée et mine désolée, et la reine Maxima avaient eux aussi épinglé une fleur colorée, suivis par le prince Constantijn et la princesse Laurentien avec leurs trois enfants (Eloise, Claus-Casimir et Leonore). La princesse Mabel, veuve du prince Friso, était également présente, habillée d’une robe à fleurs.

Crémation et fleurs, un adieu à nul autre pareil

En rupture avec la tradition, la princesse Christina n’avait pas seulement demandé une cérémonie en très petit comité, sans pompe et sans tenue de deuil, soucieuse de ne pas faire de cet adieu un moment trop pesant, animé uniquement par les performances de lauréates du concours de musique qui portait son nom : elle avait aussi exprimé la volonté de se faire incinérer, alors que la plupart des membres de la famille royale sont enterrés dans la crypte de la Nouvelle église de Delft. La destination de ses cendres n’a pas été divulguée, mais le quotidien néerlandais De Telegraaf croit savoir que ses enfants les emporteront à l’étranger dans des lieux où elle a vécu, notamment à Porto Ercole en Italie, où un adieu doit être organisé pour ses amis locaux.

La princesse Christina des Pays-Bas (née Maria Christina, mais qui avait choisi d’adopter son second prénom à l’adolescence) avait renoncé à ses droits dynastiques en épousant en 1975 Jorge Guillermo, père de ses trois enfants. Professeur de chant notamment à New York après avoir été formée à Montréal, qui enregistra même des disques et chanta occasionnellement lors d’événements familiaux solennels (mariage du prince Bernhard Jr., obsèques de ses parents), elle s’est largement consacrée à la musique, en particulier au sein de la Fondation de la jeunesse musicale aux Pays-Bas et du concours de détection de talents qui portait son nom. Elle s’était également engagée dans la voie de la thérapie par la danse et par le son au service des aveugles et des malvoyants – elle-même était née quasiment aveugle mais avait pu, grâce à des traitements et des lunettes spéciales, vivre une vie presque normale. Elle était la grand-mère de cinq petits-enfants : Isabel, Julian, Kai, Numa et Aida.