Mise au point sur les traitements de la maladie d'Alzheimer

La maladie d’Alzheimer est la plus fréquente des démences. Plus de 600 000 personnes seraient atteintes en France. La prise en charge de cette maladie neurodégénérative est complexe. Des études ont permis d’évaluer l’efficacité et la place actuelle des traitements médicamenteux dans la prise en charge de la maladie.

Deux classes de médicaments sont indiqués dans la maladie d’Alzheimer. Les premiers sont les inhibiteurs de l’acétylcholinestérase (IACE), les seconds les antagonistes non compétitifs du récepteur NMDA (N-méthyl-D-aspartate) au glutamate. 

 
 Pour la première classe, les travaux ont mis en évidence une amélioration des fonctions cognitives, de l’évaluation globale, de l’autonomie, des troubles du comportement. Les IACE ont donc démontré une certaine efficacité, ce qui a conduit à leur indication thérapeutique pour un Alzheimer d’un stade léger à modérément sévère. Des questions se posent cependant : qu’apportent en pratique les améliorations ?
 D’autre part, ces études ne permettent pas déterminer les caractéristiques des patients qui répondent au traitement. Le rapport coût-efficacité est également difficile à évaluer. Des études plus longues restent nécessaires afin de répondre à ces interrogations.
 
 Parmi les traitements symptomatiques spécifiques, on dispose également de la memantine (

Ebixa) qui est un antagoniste non compétitif du récepteur NMDA (N-méthyl-D-aspartate) du glutamate. Ce produit a montré une légère efficacité au stade de démence modérément sévère à sévère, sur le plan cognitif, sur l’autonomie, sur les troubles du comportement et pour l’impression globale. Des études récentes ont permis d’obtenir une extension d’indication de ce médicament pour les stades modérées de la maladie d’Alzheimer.
 
 Que ce soit pour les IACE ou la memantine, la question de l’arrêt du traitement se pose. Des recommandations d’experts ont conclu qu’il est nécessaire de poursuivre les thérapeutiques symptomatiques anti-démentielles dont l’efficacité a été démontrée et approuvée pour ce stade, tant que le bénéfice clinique persiste. D’autre part, les autorités ont souhaité encadrer la prescription de ces traitements qui doit être initiée par un neurologue, un psychiatre ou un gériatre.Entre juillet et octobre 2011, la Commission de la Transparence (CT), qui fait partie de la HAS (Haute Autorité de Santé) et est composée de 26 professionnels de santé en exercice, a passé en revue toutes les études existantes avec ces médicaments. Elle a aussi analysé les pratiques en France, en Europe et aux Etats-Unis, interrogé des experts de différents horizons et indépendants (médecins généralistes, neurologues, gériatres, médecins travaillant en 

EHPAD….) puis écouté les arguments des 4 laboratoires. Résultats en décembre 2011 : la HAS a fait savoir que  l’efficacité de ces 4 produits est au mieux “faible“ et non “importante“. Cette petite efficacité ne se retrouve malheureusement pas chez tous les patients.
 
 Il persiste donc de nombreuses questions sur ces traitements mais ceux-ci permettent d’enclencher les mécanismes de la prise en charge globale des patients. Leur efficacité reste modeste et doit être évaluée au cas par cas afin de décider s’il est légitime de poursuivre le traitement mis en place.
 
 Source : Entretiens de Bichat, Thérapeutique, M.Verny, C.Roubaud, Mise au point sur les traitements de la maladie d’Alzheimer, 8 septembre 2008.Révision en mars 2013Click Here: New Zealand rugby store