Les sourcils : on connaît enfin leur utilité

Les sourcils serviraient uniquement à communiquer nos émotions, c’est ce que vient d’affirmer une étude anglo-portugaise, après avoir observé l’évolution de nos sourcils depuis la préhistoire.

Les sourcils : on connaît enfin leur utilité

Les sourcils essentiels pour transmettre nos émotionsLes sourcils serviraient à communiquer nos émotions. Souvenez-vous de votre mère quand elle fronçait les sourcils, l’index pointé vers le ciel ? Elle n’avait pas besoin de dire quoi que ce soit pour que vous ressentiez son énervement, sa colère.Et pour cause, dame nature nous aurait dotés d’arcades sourcilières mobiles pour communiquer avec notre environnement. On s’en doutait un peu. Une personne en colère fronce ses sourcils tandis qu’une personne étonnée les relève !Mais jusqu’alors, les scientifiques attribuaient à ces deux zones poilues un rôle de protection des yeux contre la sueur, le soleil, voire la poussière.Dans cette

nouvelle étude, les scientifiques tombent sur une toute autre suggestion : la région sus-orbitaire – entendez par là celle au-dessus de l’orbite de l’œil – jouerait un rôle significatif dans la communication et les liens sociaux. Et ce serait d’ailleurs sa seule fonction. Pour en arriver à une telle hypothèse, les scientifiques ont remonté le temps.Un héritage de notre “nouvelle sociabilité”Par des simulations informatiques en 3D, les scientifiques ont reconstitué virtuellement le crâne de l’Homo rhodesiensis (également appelé “Homme de Kabwe”), notre arrière-arrière-grand-père vieux de 300 000 à 700 000 ans.

Il avait un petit front, mais large ainsi qu’un bourrelet sus-orbitaire proéminent. Quézako ? Le bourrelet sus-orbitaire est un épaississement de l’os au-dessus des yeux : le fameux os horizontal qui caractérise l’homme préhistorique. L’explication courante veut que ces attributs donnaient au visage une rigidité supplémentaire, utile pour mâcher des viandes dures.En réalité, en manipulant virtuellement la taille du crâne de l’Homme de Kabwe, les chercheurs en ont déduit qu’il n’avait aucun impact dans la mastication. Ce front proéminent était sans doute un signe social, de force ou de domination. Quant aux sourcils, ils avaient peut-être un rôle dans la séduction. Tout n’est que supposition puisqu’il est difficile, à cause d’énormes lacunes dans notre compréhension de l’évolution humaine, de tirer des conclusions définitives.

Mais au cours de l’évolution humaine, le besoin de dominer s’est amoindri tandis que la nécessité de communiquer et d’être empathique s’est amplifiée.Le haut du visage de l’homme moderne a fortement évolué. Et c’est sans doute le changement le plus marquant dans l’histoire évolutive des homininés. ” L’évolution du front, c’est ce qui différencie le plus l’homme préhistorique et nous “, confirme Penny Spikins, anthropologue à l’Université de York et co-auteure de l’étude. Aujourd’hui, l’homme moderne – ou homo sapiens – a quasiment perdu ce fameux bourrelet sus-orbitaire et le front s’est agrandi, bombé.Des premières hypothèses mettaient en perspective cette évolution avec la taille croissante du cerveau humain.Cette diminution osseuse frontale et ces sourcils désormais mobiles se calqueraient à l’évolution de nos interactions sociales. Les sourcils seraient en fait “un mécanisme biologique pour montrer aux autres ce que nous ressentons vraiment”, dit Spikins, un peu comme si l’on rougissait.Progressivement, le bipède que nous sommes serait devenu un être social qui s’exprime et les sourcils n’auraient aucune fonction biomécanique. Le haut de notre visage serait une sorte de toile à peindre où la forme des sourcils laisserait voir nos émotions. Mais…à quand une étude du bourrelet moderne, celui du ventre ? A-t-il des choses à nous dire ?