L'aspirine réduirait le risque de certains cancers

Une étude, publiée par la revue médicale britannique The Lancet, s’intéresse aux bienfaits de l’aspirine. Un médicament banal, qui permettrait de réduire sensiblement la mortalité de certains cancers courants.

Commercialisée depuis plus de cent ans, l’

aspirine pourrait en effet à faible dose et à long terme, se montrer extrêmement bénéfique dans la lutte contre le cancer. De précédents travaux avaient déjà révélé qu’une dose d’aspirine quotidienne de 75 mg permettait de réduire de plus d’un tiers les taux de mortalité du

cancer colorectal.Le Pr Peter Rothwell et ses collègues de l’université d’Oxford, au Royaume-Uni, ont cette fois étudié les décès dus à des cancers survenus pendant et après des essais qui consistaient à comparer des patients prenant de l’aspirine quotidiennement, à ceux qui n’en prenaient pas. A l’origine, ces essais concernaient la prévention cardio-vasculaire et non le cancer. Sur les 25 570 patients suivis, 674 sont décédés de cancers, mais les chercheurs ont constaté chez les malades sous aspirine, une mortalité par tumeur maligne réduite de 21 % pendant la durée des essais, qui ont duré de cinq à dix ans. En cas de prise quotidienne d’aspirine pendant plus de cinq ans, c’est une diminution de 34 %, tous cancers confondus, qui a été observée. Une réduction qui est passée à 54 % pour les

tumeurs gastro-intestinales.Les chercheurs précisent que les effets de l’aspirine pour les cancers de l’

oesophage, du

pancréas, du cerveau et du

poumon, apparaissent au bout de cinq ans, tandis qu’il faut attendre une dizaine d’années pour ceux de l’estomac et du côlon, et une quinzaine d’années pour les cancers de la

prostate. Ainsi, sur une vingtaine d’années, la réduction du risque de mortalité par cancer est d’environ 10 % pour le cancer de la prostate, de 30 % pour celui du poumon, de 40 % pour le cancer colorectal et de 60 % pour celui de l’oesophage.Pour le Pr Rothwell, ces résultats ne signifient pas que toutes les personnes âgées de plus de quarante ans devraient prendre tous les jours, à titre prophylactique, une petite dose d’aspirine. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour évaluer l’impact de l’aspirine sur les

cancers féminins notamment, et un suivi médical au-delà de vingt années est lui aussi indispensable pour s’assurer qu’il n’y a pas un rebond tardif de la mortalité par cancer.De plus, ce médicament a des effets indésirables bien connus (augmentation du risque d’accidents hémorragiques, notamment d’hémorragies cérébrales et digestives, même aux faibles doses utilisées en prévention). Les futures études devront déterminer si pour une personne en bonne santé et sans antécédent, ces risques hémorragiques sont réellement inférieurs aux bénéfices escomptés du traitement.Amélie Pelletier avec Relaxnews.Source :Effect of daily aspirin on long-term risk of death due to cancer: analysis of individual patient data from randomised trials, The Lancet (

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