La canneberge : remède naturel contre les cystites

Connue depuis des décennies Outre-Atlantique, la canneberge est une petite baie rouge au jus amer et acidulé à la fois. Les Américaines la consomment comme remède traditionnel contre les infections urinaires sous forme de jus ou de comprimés. Une propriété qui a été reconnue en France par l’Agence de sécurité sanitaire des aliments.

Cranberry, c’est son nom anglo-saxon. En France, on l’appelle canneberge ou “grande airelle rouge“. Amère et acidulée à la fois, cette petite baie rouge est connue aux Etats-Unis depuis des lustres. Ces jus sont des boissons désaltérantes, mais sont également bien connues pour leurs vertus santé.
Un remède traditionnel des cystites
En France, près de deux millions de femmes sont chaque année victimes d’infections urinaires récidivantes. Malgré les douleurs et le handicap qu’elles suscitent, les moyens dont disposent les médecins restent minces. Le traitement de référence repose sur la prise d’antibiotiques, qui diminue le taux de récidive. Cependant, les phénomènes de résistance des bactéries aux antibiotiques sont de plus en plus fréquent et la prise en charge peut alors relever du casse-tête. Aux Etats-Unis, le jus de fruits de canneberge (Vaccinium macrocarpon) est consommé depuis plusieurs décennies comme remède traditionnel de ces infections urinaires.
Mais certains remèdes de grands-mères se sont parfois révélés n’être qu’une poudre de perlimpinpin, qu’en est-il du jus de canneberge ? Plusieurs études très sérieuses ont permis de prouver que la consommation de ce jus de fruit permet de réduire la fréquence des infections urinaires chez des jeunes femmes (1, 2) mais également des femmes âgées (3). Une réduction qui selon les études et les doses varie entre – 20 % et – 60 %. Cet effet serait également observé avec des comprimés de poudre encapsulée (4).
Enfin, la consommation régulière de ce jus de canneberge offre même une bonne protection contre les bactéries résistantes aux antibiotiques (5). Face à ce phénomène en constante augmentation, l’efficacité de ces médicaments (6) est mise en péril et les alternatives comme le jus de canneberge sont réellement les bienvenues.
Des mécanismes anti-adhésion
Mais comment expliquer ces propriétés miraculeuses ? Contrairement à ce que l’on a pu croire un temps, ce n’est pas l’acidification de l’urine par le jus de canneberge qui est à l’origine de cette protection. De plus amples recherches ont permis de mettre à jour un mécanisme original. Ces baies contiennent des flavonoïdes, des anthocyanes et des proanthocyanidines. Ces derniers composés au nom barbare seraient capables de se fixer sur certaines bactéries Escherichia coli responsables des cystites et les empêcher d’adhérer aux cellules de la vessie et de causer l’infection. Ne bénéficiant pas de point d’ancrage, ces bactéries sont alors naturellement éliminées par les voies naturelles.
On ne sait que peu de chose sur la rapidité d’action de ce remède miracle. En juin 2002, une étude suggère que cet effet bénéfique survient dans les deux heures suivant l’ingestion et reste perceptible plus de 10 heures au niveau urinaire (5). Des résultats qui s’ils sont confirmés plaideraient pour une ration le matin et une autre le soir pour une couverture optimale.
Des bénéfices reconnus par l’Afssa
Pour la première fois en France, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) s’est récemment prononcée sur la canneberge. Le 6 avril 2004, cette agence nationale a rendu un avis favorable (7) tant sur la sécurité (8) que sur les bénéfices santé de ce produit : “la consommation de jus de Vaccinium macrocarpon (contenant 36 mg de proanthocyanidines mesurées) conduit à une diminution de la fréquence des infections urinaires dues à certains E.coli uropathogènes (…) chez des femmes adultes. Cet effet est également rapporté avec une poudre encapsulée de Vaccinium macrocarpon“.
Ainsi, ces produits peuvent depuis cette date bénéficier de l’allégation très officielle : “contribue à diminuer la fixation de certaines bactéries E.coli sir les parois des voies urinaires“.
Si comme de nombreuses femmes, vous êtes victimes de cystites récidivantes, vous devriez pouvoir trouver ces fameux jus dans des boutiques de produits naturelles ou sous forme de comprimés en pharmacie.
David Bême
1 – Cochrane Database Syst Rev. 2004 ;(2) :CD0013212 – BMJ 2001 ;322 :15713 – JAMA 1994 Mar9 ;271(10) :751-44 – Can J Urol.2002 Jun ;9(3) :1558-625 – JAMA. 2002;287:3082-3083.6 – NEJM 2001 ;345(14) : 1007-10137 – Avis de l’Afssa du 6 avril 2004, Saisine n°2003-SA-03528 – Un seul cas de lithiase rénale avec hématurie a été rapporté chez un patient ayant des antécédents de lithiasiques avec des comprimés de 450 mg d’un concentré de canneberge depuis 6 mois. Urology. 2001 Jan ;57(1) :26-9Click Here: gold coast suns 2019 guernsey