IVG : Selon le Haut Conseil à l’égalité, son accès peut encore être conforté

D’importants progrès ont été réalisés ces dernières années pour améliorer l’accès à l’IVG, mais ce droit doit encore être conforté, estime mardi le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE).

Selon le rapport 2017 du Haut Conseil à l’égalité, l'accès à l'IVG peut encore être conforté.

A l’occasion du 42e anniversaire de la loi Veil du 17 janvier 1975, qui a légalisé

l’interruption volontaire de grossesse  (IVG), le Haut Conseil a réalisé un bilan de recommandations qu’il avait formulées en 2013.Neuf des 35 recommandations de 2013 restées sans suiteDans ce nouveau rapport le HCE précise que, sur 35 recommandations formulées en 2013, 26 ont été mises en œuvre totalement ou partiellement, et neuf sont restées sans suite.Notamment, la clause de conscience des médecins spécifique à l’IVG, qui selon le HCE fait double-emploi avec leur clause de conscience pour l’ensemble des actes médicaux, n’a pas été supprimée.Une des priorités, développer l’offre de proximitéLe HCE souhaite également “le développement de l’offre de proximité”, en accordant aux Centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) et aux maisons médicales pluridisciplinaires la possibilité de pratiquer des IVG par aspiration“. Il demande “un moratoire” sur la fermeture des centres IVG (plus de 130 ont été fermés entre 2001 et 2011).Il souhaite que les enquêtes de “testings” annoncées le 28 septembre 2016 par la ministre de la Santé Marisol Touraine, pour évaluer les délais de recours à l’IVG, le niveau de l’information délivrée et l’accueil réservé, soient effectivement réalisées.Contraception, suppression de la détresse et parcours simplifiéParmi ses préconisations phare, le HCE recommande par ailleurs que la question “des sexualités, de la contraception et de l’IVG” soit intégrée à la formation initiale et continue des professionnels.Le HCE se félicite par ailleurs que la notion de détresse comme condition de recours à l’IVG ait été supprimée.L’entrée dans le “parcours” IVG a également été simplifiée par la suppression du délai de réflexion de sept jours entre les deux premières consultations.Danielle Bousquet, présidente du HCE salue “la forte mobilisation du Gouvernement et du Parlement pour améliorer l’accès réel à l’avortement, à des informations objectives et dépassionnées et pour dédramatiser le recours à cet acte. Néanmoins, l’IVG reste, en 2017, un droit à garantir et à défendre“.Les points forts du rapport 2017En résumé, le HCE établit que :- le droit à l’avortement a été significativement réaffirmé : d’un droit à part, il a été consacré comme un droit à part entière ;- l’information sur l’IVG a été rendue plus accessible, facilitant l’entrée dans le parcours ;- l’offre de soins a été développée et l’accès pratique à l’avortement a été amélioré ;- le pilotage a été renforcé, afin de supprimer les inégalités d’accès à l’IVG dans les différentes régions. Agir pour conforter les droitsSelon le rapport, “pour conforter ce droit, les pouvoirs publics peuvent encore agir” :- A court terme, en examinant dans les meilleurs délais la proposition de loi relative à l’extension du délit d’entrave aux informations publiées sur l’IVG internet ;- A moyen terme, en levant les derniers obstacles au plein accès à l’avortement (suppression de la double clause de conscience, autorisation des IVG par aspiration dans les Centres de planification familiale et d’éducation familiale (CPEF) et dans les maisons pluri-professionnelles de santé, suppression de la forfaitisation de l’IVG, renforcement de la formation initiale et continue des professionnel.le.s de santé) ;- Dans la durée, en réalisant des testings annuels pour garantir, partout sur le territoire, les meilleures conditions d’accès à l’IVG (libre choix de la méthode, accès entre 10 et 12 semaines comme le prévoit la loi, confidentialité, gratuité, choix effectif pour les femmes sans papiers).Garantir une information fiable et extension du délit d’entraveLe site officiel ivg.gouv.fr, lancé en 2013, a été “amélioré” en janvier 2016 afin de “garantir une information fiable à toutes les femmes”, et un numéro d’information anonyme et gratuit (0800 08 11 11) a été lancé en septembre 2015.Concernant l’offre de proximité, les sages-femmes peuvent désormais réaliser des IVG médicamenteuses et les centres de santé, des IVG par aspiration. Dernière initiative en date, l’extension du délit d’entrave à l’IVG aux sites internet pratiquant la désinformation est en cours d’examen au Parlement.Click Here: new zealand rugby team jerseys