Cannes 2012 : zoom sur “De rouille et d’os” de Jacques Audiard [Compétition]

Premier Français à entrer en Compétition, Jacques Audiard revient sur la Croisette trois ans après le sacre d'”Un prophète”. Pour remporter mieux qu’un Grand prix ?

En 2009, le Prophète de Jacques Audiard (déjà Prix du scénario en 1996 pour Un héros très discret) avait été coiffé au poteau par Le Ruban blanc de l’Autrichien Michael Haneke (lui aussi de retour cette année) pour la Palme d’or. Même si le réalisateur nous a expliqué ne pas être un obsédé des récompenses, loin s’en faut, son public attendra sûrement que De rouille et d’os lui offre la consécration le 27 mai prochain.

D’un film à l’autre…

Difficile de s’éloigner plus nettement d’Un prophète qu’en réalisant ce nouveau film, un drame illuminé par les présences de Matthias Schoenaerts (la révélation de Bullhead) et Marion Cotillard, librement adapté d’un recueil de nouvelles de Craig Davidson. Soit Ali, prolo nordiste descendu dans le Sud avec un fils qu’il connaît à peine, agent de sécu et boxeur clandestin un peu fruste ; soit Stéphanie, belle dresseuse d’orques amputée des deux jambes après un terrible accident ; soit leur lumineuse histoire d’amour, entre plaies et blessures, dans un monde en crise. Le talent d’un cinéaste, c’est aussi son exigence, et celle d’Audiard s’incarne notamment dans l’extrême soin qu’il apporte au choix de ses seconds rôles. Les remarquables Corinne Masiero, Bouli Lanners et Céline Sallette viennent entourer l’improbable duo amoureux, qui évolue constamment entre brutalité et délicatesse. Nanni Moretti, président du jury et spectateur intransigeant, se laissera-t-il séduire ?

Tout sur le film…

Notre interview de Jacques Audiard et Matthias Schoenaerts :

A. G.