Cancer du pénis : pas d'amputation pour un patient sur 4 alors que c'est le traitement recommandé

Selon une étude internationale, près d’un quart des patients atteints de cancer du pénis ne reçoivent pas le traitement recommandé, soit l’ablation partielle ou totale de l’organe. A l’origine, un refus du traitement par les malades mais aussi une méconnaissance de la bonne prise en charge par les médecins.

Sommaire

  1. Le cancer du pénis, une maladie rare mais en augmentation
  2. Un quart des patients ne reçoivent pas le traitement recommandé
  3. Un refus des patients et une méconnaissance des médecins
  4. Un effet direct sur la survie des patients

Le cancer du pénis, une maladie rare mais en augmentationLe cancer du pénis est considéré comme un cancer rare. Seul un homme sur 100 000 contracte le cancer du pénis chaque année en Occident, mais ces dernières années, ce taux a augmenté de 20 % à 25 % dans de nombreux pays, en particulier chez les hommes âgés. Face à ce diagnostic rare, la guérison repose le plus souvent sur l’ablation partielle ou totale de l’organe, mais pour beaucoup d’hommes cette guérison semble pire que la maladie.Un quart des patients ne reçoivent pas le traitement recommandéDans cette vaste enquête internationale réalisée par des chercheurs italiens, espagnols, américains, brésiliens et hongrois présentée lors du Congrès Annuel de l’Association Européenne d’Urologie de l’année dernière (EAU18), il apparaît qu’un quart des patients (25%) atteints d’un

cancer du pénis ne reçoivent pas le traitement recommandé. La cause : ils hésitent à procéder à une chirurgie qui élimine tout ou partie du pénis (pénectomie), en partie parce que les médecins n’ont pas procédé à la chirurgie appropriée pour traiter ce cancer rare.Un refus des patients et une méconnaissance des médecinsSur 425 patients traités entre 2010 et 2016 dans 12 centres en Italie, en Espagne, aux États-Unis, au Brésil et en Hongrie, seul un patient sur deux s’est vu proposer une pénectomie. “Chez environ la moitié des patients non traités selon les recommandations, la décision a été prise par le médecin, et nous soupçonnons que c’est parce que beaucoup de médecins ne connaissent pas le traitement de ce cancer rare mais dévastateur. Dans un cas sur six, le patient ou les soignants du patient ont décidé de ne pas être traités selon les lignes directrices. Nous constatons souvent que les patients ne veulent pas être traités, ou que les soignants des patients ne veulent pas prendre la décision de traiter” précise le Dr Luca Cindolo, co-auteur de l’étude.Ce sont souvent des choix thérapeutiques difficiles, qui doivent donc être pris après une discussion ouverte entre le patient et l’équipe médicale.Un effet direct sur la survie des patientsSelon cette étude internationale, près de deux fois plus de patients survivent s’ils ont été traités selon les recommandations. C’est une affection que la plupart des urologues ne voient pas très souvent. Il est donc préférable que l’équipe médicale ait de l’expérience dans le traitement de la maladie. Selon les auteurs, réserver ces cas à quelques centres spécialisés au niveau national ou international serait la meilleure façon de procéder. Cette stratégie (comme au Royaume-Uni) permet d’accéder à de meilleurs taux de survie que dans les pays où ces cancers sont traités localement (comme la Hongrie, l’Espagne ou l’Italie). Pour le Dr Luca Cindolo, “Le consortium eUROGEN, récemment créé, fera une énorme différence dans la prise en charge des patients européens. Cela devrait permettra aux patients atteints de maladies urologiques rares d’accéder au meilleur traitement, où qu’ils se trouvent en Europe“.